Les maisons de la Grand-Place

sous l'Ancien Régime (avant 1800)

Extraits du Mémorial de la vie nivelloise par Émile de Lalieux

(publié par la revue Rif Tout Dju)

Voir les photos des maisons de la Grand-Place

Plan descriptif réalisé par Émile de Lalieux

(Plan agrandissable)

 

 * L'astérisque signifie que le bâtiment a été détruit lors du bombardement de mai 1940

 

L'Ancien Régime : nom donné à la période de l'histoire de France allant du 16e siècle à la Révolution française en 1789

– Claustral (adj.) : relatif aux cloîtres

– Capitulaire (adj.) : relatif à un chapitre de chanoines(esses)

Alloir : Couloir permettant aux chrétiens de se rendre dans la crypte sans passer par la nef

 

31. Maison claustrale. La maison qui forme le coin de la rue de Bruxelles et du Marché (place Lambert Schiffelers 1, habitée par le doyen) est une des 18 maisons capitulaires (ou claustrales) appartenant au chapitre. Cette maison est occupée, vers 1780, par la chanoinesse comtesse de Bergh de Trips. C'est dans cette demeure que Joseph II vint saluer la comtesse de Thurheim qu'hébergeait la comtesse de Bergh de Trips. L'immeuble fut vendu comme bien national en 1799. Il fut donné à la Fabrique de l'église Sainte-Gertrtude en 1866 par Mlle Kaieman.

 

32. Maison claustrale*. La maison est occupée par une chanoinesse qui l'a beaucoup embellie. Elle y a fait placer une porte cochère remarquable. Vendue comme bien national, , cet immeuble servit de gendarmerie avant de devenir un atelier de serrurerie puis un café (Le café de La Concorde). La porte cochère qui se trouvait à gache de la façade avait été démolie et le porche converti en débit de tabac.

 

33 et 34. Maisons claustrales (démolies après 1940 pour les besoins de la reconstruction de la ville). À droite de la maison claustrale 32 s'ouvrait une impasse (impasse Wellington). Dans cette impasse, deux habitations sont occupées par quelques chanoines. L'une d'entre elles servait d'hôtellerie en 1815 puis fut transformée en plusieurs habitations. L'impasse Wellington et la façade de l'hôtel abbatial formaient les limites du Chapitre pour les promenades des " Dames en année "(1784).

 

35. Maison claustrale. Après l'impasse, une maison en retrait est habitée par un modeste chanoine. C'est une maison bourgeoise dépourvue de luxe. Elle fut vendue comme bien national à un teinturier.

 

36. Le Pot d'étain*

 

37. Le Culot*

 

38. La Tête d'or*. Fait coin avec la rue de Namur.

 

39. Le Reine d'Égypte*

 

40. Les Cinq Étoiles*. Fait coin avec les alloirs.

 

41. Don Juan d'Autriche*. Fait coin avec les alloirs à l'opposite de la précédente.

 

42. Le Chat*

 

43. Emplacement de l'ancien hôtel de ville. Démoli en 1739-1740. Datait de la fin du 15e siècle. Devant l'hôtel de ville était le " poteau ou carcan " pour les exécutions. L'obélisque était, autrefois, la fontaine de l'Aigle.

 

44. Le Roi d'Espagne*. Fait coin avec la rue de Namur.

 

45. Maison Fauconnier*

 

46. Maison Jallat*

 

47. Le Miroir*. Depuis la démolition de l'hôtel de ville en 1739-1740, la ville désire en construire un nouveau à cet emplacement. Elle le voit plus grand avec des façades donnant sur la rue de Namur et la rue des Bouchers. À cette fin, elle a acquis plusieurs maisons. Du côté de la rue de Namur, au coin du Marché, elle acquiert la maison dite "Roi d'Espagne" (44) en 1743. Attenantes à cette dernière, la ville acquiert les maisons "Fauconnier" et "Jallay" (45 et 46) en 1775 et 1777. En 1743, du côté de la rue des Bouchers, la ville s'est rendue propriétaire d'une étroite ruelle qui longeait l'ancien hôtel de ville et qui reliait le Marché à une dépendance de la maison dite "Au Miroir" (47) servant de chambre de soldats. En 1756, la maison dite "Au Miroir" est devenue propriété de la ville.

Toutes ces acquisitions destinées à hâter la solution de la question de l'hôtel communal allaient, au contraire, engager les magistrats dans des difficultés inextricables où on les verra se dévattre pendant de nombreuses années. En effet, le Conseil fiscal reproche à la ville, qui est mainmorte, d'avoir acheté sans octroi de la reine. Vers 1780, le litige est toujours en suspens. Néanmoins, on refait de nouveaux plans et on semble bien décidé à commencer les travaux de construction.

 

48. Le Trou Midot*

 

49. Le Cerf*

 

50. Le Morianne*. Appelé ainsi à partir de 1653. En 1459 : "hostel condist chierf. En 1651 : le Cerff.

 

51. Le Cornet*. Cette maison servit d'hôtel de ville en 1693.

 

52. L'Ange*. Ancienne auberge. L'impasse voisine s'appelait ruelle de l'Ange, en face de la " Fontaine à l'Aigle ".

 

53. Le Cocquelet*. Divisée en deux demeures en 1733 et séparée de la précédente par la ruelle de l'Ange.

 

54. Le Paternotre*. Saline en 1757.

 

55. La Croix blanche*. Une des salles de cette maison servait de siège au tribunal des seigneurs de la Neuve Rue.

 

56. Le Rat*. Étage en saillie. Les ancres de la façade indique 1681. Vers 1890, lors de la restauration de la façade, on découvrit, sous une couche épaisse de plâtras, une façade en style ogival. Cette maison a peut-être fait partie jadis du domaine des seigneurs de la Neuve Rue. Jusqu'à la fin du 18e siècle, l'espace compris entre la rue des Brasseurs et la rue de Charleroi ne comprenait aucune maison. Il était bordé d'un mur dans lequel se trouvait une porte donnant accès à l'église Saint-Nicolas.

 

57. La Tête de bœuf*. Forme le coin de la rue qui conduit à l'hôpital Saint-Nicolas et joint par derrière à l'auberge du Mouton blanc.

 

58. L'Éléphant*.

 

59. L'Épée d'or*. N'ayant plus de maison communale, la ville tient ses réunions dans cette maison depuis 1739.

 

60. Le Heaulme*. Grand café de l'Union avant 1940. Le jardin de cette maison s'étendait jusqu'à la rue du Haubergeon et jusqu'à celle des Brasseurs. C'est dans ce coin de la Grand-Place qu'avaient lieu les bals populaires.

 

61. Le Mortier d'or*.

 

62. Les Trois Étoiles*. Fait coin avec l'entrée des alloirs.

 

63. Le Franc Vouloir*. Au 16e siècle, ancienne chambre des "Compagnons de la chambre de rhétorique des Franque Volloir".

 

64. La Chaîne d'or*.

 

65. Le Pot de fer*. Maison en bois jusqu'en 1704; contiguë à la chapelle du Vénérable.

 

66. La Mule d'or*.

 

67. La Coupe*.

 

68. Le Coq*.

 

69. L'écharpe rouge*. Fais le coin de l'allée qui conduit à la collégiale (ruelle des beaux huys).

 

70. Les Beaux Huys*.

 

71. La Botte d'or. Convertie en corps de garde en 1787.

 

72. La Charrue d'or*.

 

73. Sainte-Gertrude*

 

74. La Plume d'or*.

 

75. Le pourpoint blanc. Appelée vulgairement La maison de Jean de Nivelles (1791). Disparue après l'incendie du clocher en 1859.

 

76. Remy Delmotte. Disparue après l'incendie du clocher en 1859.

 

77. La Fontaine d'or*. En vis-à-vis de la fontaine Saint-Michel..

 

78. Le Croissant d'or* ou La Lune Croissant d'or*.

 

79. L'Étoile ou La Grande Étoile*. Cette maison avait une issue rue du Haubergeon et une autre rue de Sainte-Gertrude.

 

80. L'Âne barrée ou L'Âne rayée*

 

Essai de reconstitution de " La Grande Estoile " et de " L'Asne barrée ", deux maisonx faisant le coin de la Grand-Place et de la rue Sainte-Gertrude par Paul Collet (1915)

81La Croix d'or*

 

82Les Trois Pucelles*. Derrière la fontaine Saint-Michel.

 

83Le Paon d'or*.

 

84L'Aigle d'or*.

 

85Le Château d'or*. Au début du 17e siècle, cette maison appartenait à Jean du Château, lequel aura sans doute voulu perpétuer son nom en faisant sculpter un château dans le fronton de la porte d'entrée.

 

86Le Blanc Lévrier*. Servit de maison judiciaire du fief de Rognon. La cour échevinale de ce fief y tenait ses plaids au 16e siècle. Cette maison servit d'hôtel de ville de 1755 à 1785 et de 1787 à 1792. Avant 1940n le Grand café des Arts qui fut reconstruit à peu près au même endroit après la guerre.

 

87La Tête noire*. les magistrats de la ville y tinrent leurs assises du 1er mars 1785 à 1786, pendant l'exécution des réparations au Blanc Lévrier.

 

88L'Écu de France*. 

 

89L'Écu de Bourgogne*. L'Écu de France mouvait du fief de Rognon. L'Écu de Bourgogne relevait en plein fief de la cour féodale de Brabant. Les deux maisons furent réunies en une seule. Cette maison, appelée Hôtel de Roben au 19e siècle, fut habitée au 19e s. par la famille de Prelle de la Nieppe, puis par la douairière baronne de Roben de Clabecq, née marquise de la Croix de Chevrières de Sayve, puis, jusqu'en 1830, par le président du tribunal Corbisier de Méaulsart. Ce fut ensuite l'Hôtel de la Couronne et de Sainte-Gertrude puis l'imprimerie-librairie et atelier de photographie Auguste Despret.

En 1919, l'administartion communale a pris en location pour un terme de trois ans ce vaste immeuble situé en face du commissariat de police et appartenant à MM. Despret frères et soeur, dont une partie est occupée par les magasins de vêtements du Comité national. Le tribunal des dommages de guerre que préside l'avocat Jottrand de Genappe s'y installera. C'est là aussi, dans cet ancien Hôtel de la Couronne, lieu de rendez-vous des diligences de l'époque du temps où Victor Bernier en était l'hôtelier-propriétaire, qu'est hébergée, la "Bourse officielle du travail"

 

90Le Petit Anneau d'or. Appelé ainsi en 1719. Avant d'arriver à la place Bléval, le Café du Cheval vert ainsi qu'une autre maison dite Saint-Crépin formaient une avancée sur la Grand-Place. Ces deux maisons furent démolies en 1883 pour élargir le passage entre la Grand-Place et la place Bléval et remplacée par un nouvel immeuble bâti par l'architecte Charles Licot. Cet immeuble et la maison suivante furent démolis après 1940  pour les besoins de la reconstruction de la ville.

 

91Le Grand Anneau d'or - Maison claustrale. Cette grosse maison, autrefois hôtellerie du Grand Anneau d'or, était située contre le Cheval vert. Sa façade ancienne donnait sur la place Bléval. La façade donnant sur la Grand-Place avait été reconstruite à la fin du 19e siècle, probablement en 1883 lorsque le Cheval Vert fut démoli. Cette maison fut cédée au chapitre par la famille Petit en 1764. En 1780, elle était occupée par les deux chanoines Lacroix. Vendue comme bien national, les deux chanoines en firent l'acquisition au moyen des bons que leur accordait le gouvernement. Ils la léguèrent à la famille de la collégiale et elle devint la maison du doyen. Démolie après 1940 pour les besoins de la reconstruction de la ville.

 

92Maison claustrale*. Au début de la rue Bléval se trouve une maison claustrale très ancienne. Le chanoine qui l'a occupée l'a quelque peu embellie. Certains carreaux de cette maison sont conservés au musée de Nivelles. Propriété de M. Piron à la fin du 19e siècle. Il y établit un café suivi d'une vaste salle réservée à la Société de Secours muruels de saint Michel.

 

93La Grange du Chapitre. Dans la rue Bléval qui conduit de l'Hôtel de Madame la Princesse au jeu du Serment des Arbalétriers, nous voyons à droite la Grange du Chapitre longue de 48 pieds et large de 30 pieds, construite en 1710 avec le "grand quartier de la Grande Maison" où se déposait le produit des dîmes. Démolie, elle avait été rebâtie en 1750. Démolie à nouveau définitivement au 19e siècle, la maison Wiringer a été partiellement bâtie sur son emplacement avant d'être démolie à son tour pour la construction du Waux-Hall.

 

94La Grande Maison - Maison claustrale. Elle touchait à la Grange du Chapitre et se trouvait en retrait d'une dizaine de mètres de la rue. Elle était construite en pierre blanche et était entourée d'un jardin et d'une prairie. Elle fut vendue comme bien national à Devillers, échevin de la ville. À sa mort, , vers 1820, elle fut vendue et passa à divers acquéreurs dont le dernier fut Joseph de Burlet qui la reconstruisit. Agrandie et transformée, elle devint l'Hôtel de la famille de Lalieux. Démolie il y a quelques années, après la construction du bâtiment postal.

 

95Maison claustrale. Après la Grande Maison se trouve une porte cochère par laquelle, après avoir descendu vingt mètres de chemin d'une pente assez rapide, on arrive à une maison claustrale peu importante. Vers 1820, on y tenait un café. cette maison fut démolie par les de lalieux vers 1860 pour en réunir le terrain à leur propriété.

 

96Maison claustrale*. À la Grande Maison succède une très belle construction du 16e siècle bâtie en 1559 par Montanus, doyen du Chapitre. En 1780, elle est occupée par la chanoinesse Madame Régine de Leerodt. Elle fut alors habitée par François Charlier, décédé en 1856, puis par son petit-fils René de Lalieux. Les de Lalieux la quittèrent pour s'installer dans la Grande Maison qui avit été reconstruite par de Burlet. Le vieil immeuble de la chanoinesse de Leerodt servit d'ouvroir. Démoli suite au bombardement de 1940.

 

97Maison claustrale (subsiste). La rue des Prêtres, appelée souvent ruelle des Amourettes à la fin du 18e siècle, sépare la maison précédente de celle-ci. Maison bourgeoise occupant presque toute la longueur de la rue des Prêtre, le long de laquelle s'étalait le grand jardin. Elle fut reconstruite au début du 19e siècle. Vers le milieu du 19e siècle, elle était la propriété d'une famille Carlier. Elle appartint à M. Dupuis puis à Frédéric Francotte qui y installa un commerce de produits laitiers. Sa veuve remplaçat la grande muraille qui séparait la propriété de la voie publique par un grillage en fer. La façade a été entièrement rénovée par la suite. Actuellement agence ING.

 

98 - 99 - 100Maisons des Quotidiannes (subsiste partiellement).Dans le cul-de-sac.

 

101Le Spier ou l'Épier (subsiste). Lieu où le chapitre remise les grains qui lui sont dus (redevance en nature). Ce bâtiment a subi de profondes transformations aux 19e et 20e siècles. Vendu en 1798 au sous-préfet Bauduin Berlaimont. Revendu en 1802 à François Descotte qui le transforme en débit de boissons. C'est là qu'est reçu le jeune Frédéric, fils du roi Guillaume des Pays-Bas le 18 mai 1815. Le vin lui plut tellement qu'on dut le transporter chez le sous-régent de Nivelles où il passa la nuit et deux jours à se dégriser. La demeure deviendra par la suite la maison de gros marchands de vins et liqueurs et, au début du 20e siècle, la distillerie de la "Reine des Liqueurs Abbesse". Dans la première moitié du 19e siècle, l'Épier était un café où les bourgeois buvaient du vin de Bourgogne.

 

102Maison claustrale. Entre l'Épier et la rue Sainte-Anne s'étend, en 1780, un long immeuble. Il a été donné par le Chapitre à son vénérable doyen Marbrien d'Ortho en reconnaissance de ses bienfaits. Il le fit immédiatement reconstruire et l'embellit d'une fontaine en pierre. Sous-préfecture sous le régime fançais jusqu'en 1815, puis siège du commissariat d'arrondissement. Reconstruit en 1829 par le commissaire Digneffe. Passe ensuite à divers propriétaires et notamment au docteur François Lebon et à la famille Tombeur. Servit de kommandantur pendant la guerre de 1940. Démoli volontairement après la guerre pour construire l'immeuble de rapport "Les Aclots".

 

103Hôtel du comte de Blois. Entre la rue Sainte-Anne et la rue de Bruxelles, à l'emplacement du Palais de Justice actuel, se trouvaient d'admirables maisons qui furent démolies pour faire place au Palais de Justice dont la construction fut terminée en 1891. À gauche, près de la rue Sainte-Anne, se trouvait l'Hôtel du comte de Blois dont le fronton était orné des armes de la famille. L'architecte Coulon, devenu propriétaire, la démoli vers 1840 et fit édifier sur son emplacement une belle habitation qui disparut à son tour.

 

104Maison claustrale. Après l'Hôtel du comte de Blois, en contrebas de la place, se cache, à cinq mètres en retrait, une maison très simple qui possède un vaste jardin, occupée vers 1798 par un modeste chanoine qui s'occupe d'horticulture. Elle fut vendue comme bien national à Randoux et louée à divers particuliers jusqu'au moment où on la démolit pour servir d'assiette au Palais de Justice.

 

105. Le Cœur royal. Faisant saillie entre les immeubles précédent. Fut démolie à la fin du 19e siècle.

 

106Maison claustrale. La maison voisine à la précédente fut vendue comme bien national à Waroquier qui la donna à son gendre Paradis. Ce dernier en fit une fabrique d'étoffes dites de Nivelles pendant une quinzaine d'années, puis la remit dans son état primitif, y fit des embellissements et la loua au chevalier Clément de Cléty qui l'occupa pendant plusieurs années. Elle fut vendue en 1870 puis démolie pour faire place au Palais de Justice.

 

107Maison claustrale. La maison claustrale contiguë a également été vendue comme bien national à Waroquier qui la donna à son gendre Paradis. Ses descendants l'ont occupée jusqu'au moment où elle fut expropriée pour fair place au Palais de Justice.