Voiries anciennes

En parcourant des registres d'état civil de baptêmes, mariages et décès des 18e et 19e et début 20e siècles, il m'est arrivé de découvrir des noms de rues, impasses, hameaux, cours... non ou peu répertoriés et parfois difficiles à localiser à Nivelles dans la description des lieux de naissance, de décès, d'habitation des personnes concernées. En voici quelques-uns.

 

19 décembre 1862 : la ruelle qui passe derrière l'église Saint-Niclas est supprimée;

Impasse Belle-Vue : boulevard de Batterie.

Ruelle Delvaux : faubourg de Charleroi, à côté de l'ancienne gendarmerie.

Hameau des Haies (Les Wayes) : quelques maisons à Monstreux.

Hameau de l'Enfer, hameau du Paradis, Hameau du Purgatoire : rue de Sotriamont.

Impasse Hautain : faubourg de Mons.

Cour Herrent : rue de Bruxelles (boulangerie Herrent)

Hameau de la Borne (Tienne del Borne) : chaussée de Braine-le-Comte.

Impasse Vanderhoeven : ?

Barrière de Monstreux : endroit où passait le chemin de fer (passage à niveau)

Chemin du Houlers : Monstreux

Chemin Desbille : probablement à proximité de l'Enfant-Jésus.

Impasse Pardonche ou rue Pardonche : Mont-Saint-Roch

Impasse du Pandour : rue de Charleroi. M. Bernard Houyoux nous précise ceci :

 

Mes parents ont acheté le Pandour (35/37/39, rue de Charleroi) en 1973, pour démolition. A cette époque, c'était une ruine. Il n'y avait plus de portes intérieures, le sol était en terre battue, et je vous passe les détails les plus insalubres... Je vous écris ce message pour confirmer l'existence de l'impasse du Pandour, ruelle située derrière la porte cochère de l'actuel n° 39. Quand, gamin, j'ai visité pour la première fois cette ruine, cette impasse conduisait jusqu'à l'arrière, au numéro 37. Mes parents ne l'ont pas démoli et ont entrepris la restauration nécessaire pour mener le bâtiment dans l'état actuel. Les n° 37 et 39 ne forment plus qu'une seule maison. L'impasse du Pandour est devenue dans sa première partie, un couloir intérieur rectiligne, et dans sa seconde partie, une cour intérieure. L'ancienne porte d'entrée du n° 37 existe toujours, mais n'est plus accessible depuis la rue de Charleroi."

 

Ruelle Delcoly : faubourg (ou rue) de Namur en 1798

Ruelle du Dragon : vers 1888 ?

Rue ou chemin du Ruisseau Samiette

Moulin des Prés (Jules Cloquet)

La Guenette

Impasse Bridoux (petite ruelle au niveau du 24 bd des Archers)

Chemin du Berdachau : chemin du Vert Baty actuel

Chemin Saint-Joseph : ?

– Impasse (cour) Duchâteau : ?

Chemin Piroux (1904) : partant de l'avenue de Burlet vers la rue de Namur

Rue Coûpe-Gueûle : rue Fief de Rognon

Rue de l'Ecole (1886) : avant la rue Seutin

Hameau de July (Julie) ou rue du Tir (1889) : Vert Chemin

– Tienne Deneufbourg (1870) : remplacée vers 1890 par le boulevard de la Batterie allant du carrefour de la rue de Soignies jusqu'à l'entrée de l'hôpital. Cette portion du boulevard a été légèrement déplacée par rapport au Tienne Deneufbourg.

– Tienne Jockams (1889) : il s'agit probablement de la rue Marlet

Avenue du Moulin Delfosse (près du bassin de natation) (1889) : rue Delfosse. Le bassin de natation se trouvait derrière les anciens établissements Chantraine (rue Roblet), à l'intérieur du triangle rue Delfosse, rue Roblet et rue Lagasse.

 

11 septembre 1918

Désignation nouvelle de certaines rues et avenues à Nivelles

– La place de l'Esplanade devient la place Emile de Lalieux. Voulant commémorer les immenses services rendus à l'arrondissement et à la ville de Nivelles par le bourgmestre Emile de Lalieux de la Rocq, le conseil communal a décidé de donner le nom d'Emile de Lalieux à la place de l'Esplanade.

– La rue Piroux devient la rue Général Leman

– La cité Demulder devient la rue Demulder

– Le boulevard de l'Ancien Hôpital devient le boulevard Charles Vanpée

– L'avenue de la Gare du Nord devient l'avenue Albert et Elisabeth

– Le square de l'Est devient le square Seutin

– Le square de la Prison devient le square de l'yser

– La rue du Tir devient la rue Fief de Rognon

– La rue Saint-François devient la rue François Lebon

– La rue du nom de Jésus devient la rue Georges Willame

– Le chemin du Bleu devient la rue des Déportés

– L'avenue de la gare (Baulers) devient l'avenue de la Liberté

– le chemin du Long Fétu devient la rue Abbé Michel Renard

– La rue Notre-Dame devient la rue du Cardinal Mercier

– Le faubourg de Namur devient la rue de Namur. Le changement du nom "faubourg" en "rue" a été décidé suite aux nombreuses erreurs qui se commettent dans ce quartier et qui occasionnent de nombreuses méprises à la poste et dans le public. Le faubourg commence donc après le passage à niveau.

Nos rues

Article paru dans le journal L'Aclot du 30 décembre 1888

 

 

Nivelles, malgré son origine ancienne, a conservé bien peu de souvenirs de son histoire. si l'on en excepte quelques monuments bien rares, hélas! rien de saillant ne rappelle le passé de notre ville. Mais si aucune trace apparente ne vient frapper nos regards, de nombreux indices, qui, à première vue, paraissaient n'avoir guère d'importance, mais qui forment, dans leur ensemble, un tout homogène, ajoutent à notre histoire une page qui n'en est pas la moins intéressante.

 

Parmi ces indices, il convient de placer en première ligne la nomenclature des noms de nos rues.

 

Si nous regardons de près ces noms qui d'abord nous ont paru si singulièrement choisis, nous voyons qu'ils rappellent ici un épisode de notre histoire, là, nos anciens corps de métiers ; les uns nos compagnies de bourgeois armés (nos serments comme on les appelait alors) ; les autres enfin sont là pour perpétuer le souvenir d'un édifice disparu. Ils forment, dans leur ensemble, une sorte de tradition populaire qui peut apporter un concours précieux aux recherches de curieux.

 

Celui-ci se trouve souvent arrêté par diverses questions de lieu sur lesquelles les récits de l'époque restent entièrement muets.

 

Nivelles comptait autrefois un grand nombre de paroisses entièrement disparues aujourd'hui : Saint-Maurice, Saint-André, Notre-Dame de Goethal, etc. Qui pourrait nous indiquer l'emplacement de chacune d'elles si nos pères n'avaient pas confondu dans un même nom l'église et la rue où elle se trouvait bâtie ? Pour nous rappeler nos corps armés du Moyen-Âge, nos serments, qui gardaient nos remparts aux heures du danger, nous avons la rue des Canonniers et nos boulevards des Archers, des Arbalétriers, de la Batterie. Les rues des Brasseurs, des Bouchers, étaient le siège des corporations de ces métiers.  

 

Il serait, croyons-nous, intéressant de rechercher les circonstances diverses qui ont fait donner à la plupart de nos anciennes rues des noms qui souvent passent inaperçus.

 

Faire cette étude, c'est presque faire l'histoire de Nivelles en se plaçant à un point de vue qui ne manquerait pas d'originalité. Il serait tout à fait inutile de rechercher les délibérations des corps constitués du Moyen-Âge qui auraient d'un seul bloc établi cette nomenclature si variée. Ces noms ont été choisis par le peuple, et si plus tard une autorité quelconque s'est occupée de cette question,  ce n'a été que pour ratifier le choix fait par la ville tout entière.

 

C'est tellement vrai que rien n'est plus difficile aujourd'hui de faire adopter aux populations un nom nouveau donné à une rue. 

 

Voyez la Révolution française ! En même temps que d'autres réformes qu'elle imposa à Nivelles, elle essaya de mettre les noms de nos rues en concordance avec le nouveau régime :

 

- La rue de Charleroi devint la rue de Libre sur Sambre ;

- La rue Sainte-Anne devint la rue de la Halle ;

- La rue des Béguines devint la rue de la Concorde ;

- La rue des Coraux devint la rue de la Malice ;

- La rue saint-André devint la rue de l'Egalité ;

- La rue Sainte-Gertrude devint la rue de la Bienfaisance ;

- La rue de la Religion devint la rue du Repentir ;

- La rue Saint-Jean-l'Evangéliste devint la rue du Contrat social ;

- La rue Saint-Georges devint la rue de la Loi ;

- La rue de l'Evêché devint la rue de la Révolution ;

- La rue des Conceptionnistes devint la rue de la Suppression ;

- La rue de la Madeleine devint la rue de la Réunion ;

- La rue d'Afflighem devint la rue du géant ;

- La rue Bléval devint la rue de la Jeunesse ;

- La petite rue de l'Evêché devint la rue de la Tranquillité ;

- La rue des Juifs devint la rue de la Fraternité ;

- La rue Saint-Maurice devint la rue de la Victoire.

 

Cette tentative échoua et six ans plus tard, le 8 germinal an XIII (NDLR : 29 mars 1805), l'administration municipale dut rétablir les anciens noms.

 

Deux seulement de ces anciens noms ont été conservés. Nous avons encore la rue de la Tranquillité (NDLR : disparue lors du bombardement du 10 mai 1940 et non maintenue après-guerre) et la rue du Géant mais cette dernière nous est plus connue sous le nom de rue de l'Argayon à cause d'une rue qui y était située et où se trouvaient remisés nos géants.Un cas semblable se présente encore aujourd'hui. Aussitôt que Monsieur Chambille eut créé la rue qui relie le faubourg de Bruxelles à la rue du Cura, cette nouvelle voie reçut aussitôt le nom de son créateur. Elle deviendra bientôt la propriété de la ville, mais quel que soit le nom sous lequel on la baptise, si toutefois on lui en donne un autre, elle n'en restera pas moins, pour tous les Nivellois, la rue Chambille.

 

Ce qui est vrai aujourd'hui l'était aussi jadis et c'est de cette façon, croyons-nous, que nos pères ont baptisé chacune de nos rues.

 

Clipotia

 

A lire : Les rues de Nivelles de A à Z de Jean Vandendries paru en 1989